Après le tourmenté Portugal - Pays-Bas, le patron de la FIFA prie arbitres, joueurs et sélectionneurs de réfléchir.
Sepp Blatter, le patron de la FIFA, était dans la tribune officielle pour Portugal - Pays-Bas, un match plutôt animé, dont
l'arbitre russe Ivanov perdit à un certain moment complètement le contrôle. Quatre cartons rouges, 16 cartons jaunes, il faut dire que les joueurs y ont mis du leur en profitant au maximum de la panique évidente de l'arbitre. Pourquoi n'a-t-il pas réuni les deux capitaines pour leur parler, et a-t-il le droit de le faire? A-t-il respecté l'esprit du jeu? Les questions ne manquent pas. Sepp Blatter, président de la FIFA, y répond.
L'arbitre de Portugal - Pays-Bas. «Mon sentiment est que nous sommes vraiment sur la bonne voie en ce qui concerne la préparation des arbitres. Il n'en demeure pas moins que l'arbitre, comme les joueurs, a de bons jours et de mauvais jours. En fait, j'avais pensé qu'après les quelques erreurs des premiers matches, nous en reviendrions à davantage de logique. Il faut avouer que dans le match Portugal - Pays-Bas, l'arbitre a perdu le contrôle de la rencontre.»
L'affaire Cristiano Ronaldo. «Tout a commencé quand il n'a pas donné de carton rouge lorsque Cristiano Ronaldo a été victime d'une faute grave. Il devait sortir le carton rouge. C'était, à mon sens, une faute qui visait à éliminer le joueur. Il n'y avait pas d'hésitations à avoir. L'arbitre se serait évité bien des difficultés. J'ajoute qu'il est important qu'un arbitre garde de la distance. Physiquement, il ne doit pas accepter d'être serré de près, il doit toujours s'éloigner, s'isoler. Or, là, c'était la mêlée. Il a été dépassé.»
De nouvelles instructions? «Non, il n'y aura pas de nouvelles instructions données aux arbitres. Je vais simplement demander à leur responsable de leur rappeler qu'ils doivent toujours garder en tête l'esprit du jeu, pour le sauver. Un arbitre doit sentir le jeu, le match, les joueurs, et ne pas faire n'importe quoi par volonté d'autorité. Cela dit, l'arbitre de Portugal - Pays-Bas n'a pas été aidé par les joueurs, ni par le banc. Sentant qu'il ne tenait pas son match, les joueurs en ont profité pour commettre beaucoup de fautes et de provocations, oubliant toute notion de fair-play. Cela ne va pas, il y aura un blâme pour chaque fédération. Et du côté du banc, si je ne peux que saluer chaleureusement l'esprit magnifique de Marco van Basten, qui s'est toujours conduit calmement et avec dignité, j'ai été choqué par l'attitude de l'entraîneur du Portugal. Il n'a fait, avec les siens, que contester, protester, crier, et en quelque sorte induire la violence qui pouvait s'installer sur le terrain. Ce n'est pas admissible.»
Le dialogue perdu avec les capitaines. «Bien sûr, un arbitre peut, et doit même, prendre la responsabilité d'éloigner tout le monde, de s'isoler, d'appeler les deux capitaines auprès de lui pour leur faire part de son sentiment. Il doit leur demander de ramener le calme, il doit les rendre attentifs à ce qui se passe, et les avertir qu'il ne peut tolérer tout ça. Je me souviens très bien qu'en 1986, Joël Quiniou l'avait fait, et que son intervention avait porté ses fruits, le match s'était calmé. J'étais au match Portugal - Pays-Bas, aux côtés de Michel Platini et Franz Beckenbauer, et tous les trois nous nous sommes étonnés qu'à aucun moment l'arbitre n'ait pris cette décision. En faveur du jeu, du match, dont je me flatte qu'il se soit terminé, car nous avons frôlé le désastre. A ce propos, j'ai apprécié qu'à la fin, les joueurs, même les expulsés, se soient parlés, se soient réconciliés.»